La technique du Raku

Pour réaliser une sculpture, je choisis d’abord la terre que je vais utiliser en fonction de sa plasticité, de sa couleur ou de sa résistance aux chocs thermiques.

Certaines terres ne sont pas retravaillables à sec et demandent une exécution rapide et définitive, d’autres pourront, au contraire, être poncées, gravées, ciselées, pour une finition minutieuse.

Un défaut de modelage, une bulle d’air ou une épaisseur trop importante de terre, provoqueraient une tension et la casse de la terre à la cuisson. Après séchage les pièces sont biscuitées en plus ou moins 5 heures à environ 1000°C. La terre est cuite mais reste poreuse.

La pose de l’émail sur le biscuit se fait au pinceau, en laissant des zones non émaillées, utilisant la poudre d’émail mêlée à de l’eau comme de la peinture sur une palette pour les mélanges de couleurs ou les effets de transparence suivant le dosage de la fritte (émail transparent).

Les sculptures émaillées sont de nouveau enfournées pour une nouvelle montée en température, plus rapide (3 heures) jusqu’à fusion de l’émail (950°C). Là, le four est ouvert et les pièces incandescentes sont sorties une à une à l’aide d’une pince, et posées dans la sciure.

Sous l’effet de la chaleur, la sciure s’enflamme et fume, en noircissant les zones non émaillées et les craquelures que le choc thermique a dessinées sur l’émail. Toute la réussite dfe la texture de la pièce se joue à ce moment-là. La façon dont la sciure recouvre la pièce, oxydant ou pas le cuivre contenu dans l’émail, l’oxyde de carbone pénétrant plus ou moins intensément dans les pores de la terre… c’est un moment magique où l’oeuvre se libère de son créateur pour prendre sa propre personnalité.

C‘est après un nettoyage vigoureux que je découvre ce qu’est devenu mon travail pendant son passage par le feu, et malgré une maîtrise grandissante du raku, je reste toujours déconcertée devant le résultat et j’ai toujours du mal à me réapproprier l’oeuvre.

Cette technique qui, du fait de son côté aléatoire, rend parfaitement originale et vivante chaque pièce, s’appelle le raku et vient du Japon, où elle est presque élevée au rang de religion. Mon mari et moi en avons fait un rite personnel en l’adaptant à mes inspirations.